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#VenezuelaMigra : inquietude regionale face aux restrictions d'entree adoptees au Perou pour les personnes venezueliennes migrantes et refugiees

Lima, Santiago et Washington, D.C., 11 juin 2019.- Les organisations soussignes, membres du Groupe de travail sur la mobilite humaine venezuelienne, exprimons notre inquietude face a la decision adoptee par l'Etat peruvien le 6 juin 2019, qui exige des personnes venezueliennes la presentation d'un "visa humanitaire" pour acceder au territoire peruvien.

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Lima, Santiago et Washington, D.C., 11 juin 2019.- Les organisations soussignes, membres du Groupe de travail sur la mobilite humaine venezuelienne, exprimons notre inquietude face a la decision adoptee par l'Etat peruvien le 6 juin 2019, qui exige des personnes venezueliennes la presentation d'un "visa humanitaire" pour acceder au territoire peruvien. Cette mesure entrera en vigueur le 15 juin 2019 a 00 h 00.

Les exigences migratoires imposees a la population migrante et refugiee venezuelienne, contrainte d'abandonner son pays dans des conditions de grande precarite, loin de constituer une mesure humanitaire, deviennent une barriere infranchissable pour acceder au territoire peruvien pour une population ayant besoin de protection internationale. Il est de notoriete publique que la situation humanitaire au Venezuela s'est aggravee, ce qui s'est traduit par le depart de plus de 4 millions de personnes, selon les derniers chiffres du HCR.

Cette nouvelle restriction a un impact direct sur la possibilite d'acceder au droit de demander et de recevoir l'asile pour les personnes qui quittent le Venezuela de maniere forcee. Le traitement meme du visa, ou des exigences indispensables qui doivent etre accomplies sur le territoire venezuelien, est particulierement preoccupant.

Malheureusement, le type de visa que le Perou impose aux personnes venezueliennes n'est pas une reponse nouvelle dans la region. Son caractere restrictif est comparable au "Visa de responsabilite democratique" impose par l'Etat chilien l'annee derniere, qui a apporte une reponse insuffisante au flux venezuelien se dirigeant vers le sud du continent. Bien que, contrairement au Chili, la decision annoncee par la chancellerie peruvienne permette de traiter ce document dans les consulats de Colombie et d'Equateur, des mesures comme celle-ci se sont revelees difficiles, voire impossibles, d'acces pour la majorite des personnes venezueliennes. Dans le cas chilien, un an apres sa mise en oeuvre, moins de 30 % du total des demandes avaient ete resolues favorablement, et la grande majorite est entree avec un visa de touriste. Toutefois, l'exigence imposee par le Perou restreint l'acces au territoire a celles et ceux qui ne disposent pas d'un visa obtenu dans un consulat peruvien a l'etranger. Nous appelons a ce que les demandes d'asile a la frontiere ne soient pas affectees.

Il convient de souligner qu'une semaine avant l'entree en vigueur de cette mesure, les exigences, les couts et la procedure de demande n'avaient ete publies sur aucun portail officiel du Gouvernement du Perou, ce qui a genere desconcert et insecurite parmi la communaute venezuelienne residant au Perou ayant des proches au Venezuela, ainsi que parmi celles et ceux qui entendent quitter leur pays.

En tant qu'organisations de defense des droits humains offrant une assistance aux personnes migrantes et refugiees, nous sommes preoccupees par l'existence dans la region d'une tendance a restreindre la mobilite humaine des personnes venezueliennes, alors qu'elles ont un besoin manifeste de protection internationale. Il est totalement contradictoire d'affirmer l'existence de violations des droits humains sur le territoire venezuelien et, en meme temps, de fermer pratiquement les frontieres a cette population. En outre, au lieu d'offrir un accueil et un modele de bonnes pratiques, de telles actions entraineront une augmentation des reseaux de trafic, des entrees irregulieres, du nombre de morts, des violations des droits humains et des couts de securite pour l'Etat peruvien.

Conformement a leurs engagements internationaux, les Etats ont l'obligation, au moment d'etablir leurs politiques et lois migratoires, de respecter et de garantir les droits humains. Toute mesure qu'ils adoptent doit garantir, entre autres, le droit de chercher et de recevoir l'asile, ainsi que le respect du droit a l'egalite et a la non-discrimination. En ce sens, il est important que les Etats, au lieu d'aborder la migration sous un angle restrictif, repondent a l'appel du HCR invitant les pays de reception a permettre l'acces au territoire et a garantir l'acces aux mecanismes d'asile, ainsi que la possibilite pour les Etats de reconnaitre le statut de refugie pour les personnes venezueliennes par le biais de determinations collectives.

Nous appelons les Etats a cesser de recourir a des actions qui, dans la pratique, empechent l'entree reguliere sur leurs territoires des personnes ayant besoin de protection internationale. Nous exigeons egalement que soit pleinement garanti aux personnes venezueliennes le droit de chercher et de recevoir l'asile ou d'autres formes de protection internationale, y compris la possibilite de demander cette protection a la frontiere. Enfin, nous demandons aux Etats de reaffirmer les engagements decoulant de la Convention de 1951 relative au statut des refugies, de son Protocole de 1967, de la definition elargie du refugie etablie par la Declaration de Cartagena, de la Convention americaine relative aux droits de l'homme et des autres instruments applicables en la matiere.

Organisations signataires membres du Groupe de mobilite humaine venezuelienne (www.movhuve.org)

Accion Solidaria, Venezuela

Alianza Americas

Amnistie Internationale, Regional

Asociacion Civil Movimiento Vinotinto

Asociacion Ministerio Diaconal Paz y Esperanza, Perou

Asylum Access, Regional

Caribe Afirmativo, Colombie

Centre des droits humains de l'Universite catholique Andres Bello (UCAB), Venezuela

Centro de Justicia y Paz (Cepaz), Venezuela

Centre pour l'observation migratoire et le developpement social dans la Caraibe (OBMICA), Republique dominicaine

Centre pour la justice et le droit international (CEJIL), Regional

Civilis Droits humains, Venezuela

Clinique juridique d'attention aux migrants, Universite Alberto Hurtado, Chili

Clinique juridique des migrants et refugies UDP, Chili

Clinique juridique pour migrants, Universidad de los Andes, Colombie

Clinique juridique Pedro Arrupe SJ pour migrants et refugies, Perou

Commission argentine pour les refugies et les migrants (CAREF), Argentine

Comite des proches des victimes des evenements de fevrier et mars 1989 (COFAVIC), Venezuela

Consultoria para los derechos humanos y el desplazamiento (CODHES), Colombie

Convite AC, Venezuela

Coordination nationale des droits humains, Perou

Coordinadora por los Derechos de la Infancia y la Adolescencia (CDIA), Paraguay

Dialogo Diverso, Equateur

Encuentros Service jesuite de la solidarite, Perou

Institut sur la race, l'egalite et les droits humains, Regional

Mission scalabrinienne, Equateur

Oxfam, Regional

Prepara Familia, Venezuela

Programme venezuelien d'education-action en droits humains (PROVEA), Venezuela

Reseau jesuite avec les migrants d'Amerique latine et des Caraibes RJM-LAC, Regional

Refugees International, Regional

Service jesuite aux migrants, Chili

Service jesuite aux refugies pour l'Amerique latine et les Caraibes (JRS LAC), Regional

Service jesuite aux refugies, Equateur

Service jesuite pour migrants et refugies - SJMR Bresil

Sin Fronteras IAP, Mexique

Washington Office on Latin America (WOLA), Regional