La societe civile propose un regard large sur la situation de mobilite des personnes migrantes venezueliennes
10 mai 2018.- La Pontificia Universidad Catolica Madre y Maestra (PUCMM) a accueilli le 10 mai une rencontre au cours de laquelle des organisations travaillant sur le phenomene migratoire venezuelien selon une approche des droits humains ont presente les principaux enjeux de l'exode et ses repercussions pour les personnes migrantes et les pays d'accueil.

"La region est-elle preparee a cet exode de personnes venezueliennes ?" Telle a ete la question recurrente, et la majorite des reponses apportees tout au long des trois panels ont indique, avec peu d'optimisme, que non. "La situation est sans precedent et si, ce 20 mai, le president Maduro est reelu, on s'attend a ce que jusqu'a 2 millions de personnes quittent le pays", a declare Francisco Quintana, du Centre pour la justice et le droit international.
Le premier des trois panels, "Causes de l'emigration depuis le Venezuela et impact dans les pays d'accueil", s'est attache a mettre en lumiere la situation qui "est a l'origine de ce flux, qui a connu une croissance exponentielle ces dernieres annees", en raison de multiples facteurs d'insecurite et de difficultes d'acces aux produits de base, comme l'ont souligne Carlos Patino, de Provea, et Belissa Guerrero, d'Amnesty International. Marco Romero, de la Consultoria para los Derechos Humanos y el Desplazamiento (CODHES), etait egalement present et a commence a introduire une perspective plus internationale en racontant comment cet exode est ressenti dans la Colombie voisine, en termes de politiques publiques et de protection des droits humains pour les migrants nouvellement arrives.
Le deuxieme panel, "Caracteristiques de la migration dans les principaux pays de destination : Bresil et Equateur", a permis de poursuivre l'analyse de l'impact de cette migration dans les pays d'Amerique latine, avec un accent particulier sur ces pays d'Amerique du Sud. Guillermo Rovayo (de la Mission scalabrinienne de l'Equateur) et Xavier Gudino (Asylum Access) se sont concentres sur la realite equatorienne, tandis que Cleyton Abreu, du Service jesuite aux migrants et refugies au Bresil, et Leticia Carvalho, de Missao de Paz, ont offert d'interessantes perspectives sur les frontieres du nord du Bresil. L'element recurrent pour chacun de ces groupes est la necessite d'accelerer les processus d'enregistrement des migrants. En ce qui concerne le Bresil, un accent particulier a ete mis sur le suivi du respect des droits des peuples autochtones vivant de part et d'autre de la frontiere.

Le panel final, "Solutions favorisant une plus grande protection : migrations et Caraibe", a reuni Bridget Wooding, directrice du Centre pour l'observation migratoire et le developpement social dans la Caraibe (OBMICA), Francisco Quintana, de CEJIL, et Ligia Bolivar, du Centre des droits humains de l'Universite catholique Andres Bello (CDH-UCAB), pour evoquer les solutions durables identifiees selon une approche de protection.
Au cours de la seance de questions-reponses, le public, notamment des representants de la Diaspora venezuelienne en Republique dominicaine, a echange avec les panelistes sur, par exemple, la necessite pour le gouvernement dominicain de s'engager dans un processus d'optimisation de ses procedures de regularisation des personnes migrantes venezueliennes et, parallelement, de son systeme d'accueil des demandes d'asile.
La rencontre a ete organisee par OBMICA, le chapitre dominicain du Conseil latino-americain des chercheurs en droit international et compare (COLADIC-RD), CEJIL, ainsi qu'un ensemble d'organisations non gouvernementales travaillant sur les droits humains et la migration, avec l'appui de la PUCMM.
