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L'impact de la reprise des deportations

Les deportations d'immigrants en situation irreguliere ont officiellement repris le 21 septembre 2020, malgre la pandemie de COVID-19 et les mesures prevues pour y faire face. Il convient de rappeler que les deportations avaient ete suspendues dans le cadre d'un ensemble de mesures de protection contre le COVID-19, y compris la fermeture de la frontiere terrestre entre la Republique dominicaine et Haiti.

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Les deportations d'immigrants en situation irreguliere ont officiellement repris le 21 septembre 2020, malgre la pandemie de COVID-19 et les mesures prevues pour y faire face. Il convient de rappeler que les deportations avaient ete suspendues dans le cadre d'un ensemble de mesures de protection contre le COVID-19, y compris la fermeture de la frontiere terrestre entre la Republique dominicaine et Haiti. Aujourd'hui, cependant, avec la poursuite de l'etat d'urgence et du couvre-feu, le port obligatoire du masque, la distanciation sociale et la frontiere terrestre entre la Republique dominicaine et Haiti toujours fermee, les autorites ont decide de reprendre les deportations.

Il convient de se demander pourquoi elles ont pris une telle decision malgre le risque de contagion au coronavirus pour les personnes deportees et les agents procedant aux deportations. Le Reseau de rencontre dominicano-haitien Jacques Viau a manifeste sa preoccupation dans une note de presse en exhortant les autorites a prolonger la suspension des deportations car les conditions n'etaient pas reunies pour les reprendre. Les medias ont rapporte que le directeur general de la migration, Enrique Garcia, avait commente qu'elles reprenaient parce qu'on observait beaucoup plus de « Haitiens irreguliers » dans les rues.

Mais juridiquement, le volume d'immigrants haitiens n'est pas un element materiel ; ce qui importe, c'est le statut migratoire des personnes. Si elles ont un statut regulier, elles ont le droit de rester en Republique dominicaine. Aucune enquete n'a ete realisee pour verifier combien ont un statut irregulier, mais ce qui a ete observe, selon les moniteurs de la frontiere, c'est que des immigrants haitiens munis de documents du Plan national de regularisation des etrangers ont ete deportes par la frontiere de Jimani avant la reprise officielle des deportations. Dans ce contexte, nous comprenons que les deportations futures doivent respecter les lois dominicaines, comme l'a promis le president Abinader.

Qui ne devrait pas etre touche

Cette question est d'une grande importance, car sont maintenant exposes a la deportation tous ceux qui n'auraient pas eu de documents expires si ce n'etait parce que :

  • Ils n'ont pas pu renouveler leurs documents en raison des mesures imposees par le COVID-19. Ils continuent de faire face a de nombreuses barrieres, limitations et difficultes pour gerer leurs papiers.
  • Il n'existe pas de conditions pour obtenir les documents auxiliaires dont ils ont besoin de la part des autorites haitiennes.
  • Ils restent sans reponse des autorites dominicaines a leur demande d'obtenir ou de renouveler ces documents.

Questions economiques

Outre l'impact sur les immigrants et les Dominicains d'ascendance haitienne, on ne peut ignorer l'impact sur les Dominicains et l'economie dominicaine. Eliseo Cristopher, president de la Confederation dominicaine des micro, petites et moyennes entreprises de construction, a declare que le secteur de la construction dominicain a besoin de la main-d'oeuvre haitienne. Mais comment cela est-il possible lorsque, selon les moniteurs de la frontiere, les autorites dominicaines deportent deja les immigrants, avec ou sans documents, sans respect de la procedure reguliere, qui viennent en Republique dominicaine pour repondre a ce besoin ? Cela ne tient meme pas compte de la situation des habitants frontaliers qui continuent sans carnet et sont exposes a des retours et deportations, alors que la loi migratoire de 2004 prevoit de les proteger contre ces interdictions migratoires. En resume, dans la situation actuelle de risque sanitaire, en tenant compte des difficultes evidentes a renouveler les documents migratoires, de la necessite de commencer a operationnaliser le carnet frontalier et de l'importance vitale de la main-d'oeuvre haitienne pour l'economie de la Republique dominicaine, la reprise des deportations semble prematuree.