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Editorial : COVID-19 et migration

En 2020, pres de 86 millions de cas de COVID-19 et plus de 1,8 million de morts ont ete enregistres. Aussitot apres la propagation mondiale du coronavirus, les economies du monde ont subi un choc severe. Selon la Banque mondiale, l'economie mondiale devait se contracter de 5,2 % a la fin de 2020.

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Selon la Banque mondiale, l'economie mondiale devait se contracter de 5,2 % a la fin de 2020. Plus de 20 millions de personnes ont perdu leur emploi rien qu'aux Etats-Unis, ou le chomage a atteint 14,7 % en avril, soit le niveau le plus eleve depuis la Grande Depression. En decembre 2020, l'ONU a predit que la perte d'emplois et de revenus menace de pousser un milliard de personnes - soit pres d'un huitieme de la population mondiale - vers l'extreme pauvrete, effacant une decennie de progres dans la reduction de la pauvrete. Selon l'ONU, des signalements de discrimination et de xenophobie visent les personnes d'ascendance asiatique, les refugies et d'autres groupes perçus a tort comme plus contagieux, ce qui freine les efforts de controle de la maladie. La pandemie a mis les gouvernements de tous niveaux sous tension et a entrave le travail des agences internationales.

Comme on le sait, la mobilite humaine est sensible aux conflits et a l'insecurite. L'une des grandes menaces de la pandemie de COVID-19 vient du fait qu'elle constitue une source d'insecurite humaine dans plusieurs domaines. Bien entendu, le risque sanitaire le plus evident est la mort ; le virus entraine aussi bien d'autres risques, notamment celui de l'infection et de la maladie. A l'insecurite sanitaire s'ajoutent des inegalites sociales aggravees, soulignant des insecurites sanitaires associees, puisque tous les pays, regions ou localites n'ont pas un acces adequat aux services de sante, aux prestataires et aux soins medicaux. Ces inegalites sanitaires et sociales preoccupent au niveau national et parmi les acteurs etatiques. Il faut etudier le role que l'insecurite sanitaire et sociale peut jouer comme determinant de la mobilite de certaines personnes. Il est probable que certaines des mesures les plus restrictives adoptees de maniere provisoire deviennent "normales" et tendent meme a se renforcer encore. D'autre part, il est urgent d'examiner les politiques publiques positives elaborees pendant la pandemie afin d'en envisager l'adaptation lorsque les societes sortiront du pire de la crise. A la lumiere de certaines experiences en Europe et en Amerique latine et dans les Caraibes, il convient de noter comme bonne pratique la regularisation opportune et assouplie des migrants en situation migratoire irreguliere, evitant ainsi des disparites de traitement concernant les vaccins (lorsqu'ils sont disponibles), entre autres mesures importantes qui doivent avoir une portee universelle. La population migrante qui n'est pas dument documentee pourrait ne pas vouloir se rendre visible, ce qui entraverait son inclusion, au detriment de la bonne sante de tous et toutes.

Bridget Wooding

Directrice de l'OBMICA