Conference mondiale sur l'apatridie et l'inclusion
Du 26 au 28 juin 2019, quelque 300 activistes, universitaires, artistes et representants d'organisations internationales se sont reunis a La Haye, aux Pays-Bas, pour partager des etudes, des strategies et des propositions sur la facon de resoudre ce probleme afin de construire des societes plus inclusives.
Du 26 au 28 juin 2019, quelque 300 activistes, universitaires, artistes et representants d'organisations internationales se sont reunis a La Haye, aux Pays-Bas, pour partager des etudes, des strategies et des propositions sur la facon de resoudre ce probleme afin de construire des societes plus inclusives. OBMICA etait presente tant lors de la premiere rencontre mondiale sur l'apatridie en 2014 que lors de la plus recente, toutes deux convoquees par l'Institut sur l'apatridie et l'inclusion (ISI).
L'apatridie se produit lorsqu'aucun Etat ne reconnait la citoyennete d'un individu. Selon l'ONU, plus de 10 millions de personnes dans le monde se trouvent dans cette situation, dont plus de 100 000 personnes en Republique dominicaine. Les personnes apatrides font face a des difficultes pour jouir de leurs droits humains, tels que les droits a la sante, a l'education, au travail et au respect de la procedure reguliere.
Bridget Wooding, directrice d'OBMICA, a presente le cas des descendants de couples mixtes dominico-haitiens dans un panel sur les contextes difficiles pour garantir le droit de l'enfant a une nationalite. De son cote, la chercheuse associee Allison Petrozziello a anime une session sur l'enregistrement des naissances et le risque d'apatridie, ou elle a parle des mesures introduites dans le pays qui ont rendu plus difficile l'acces a la citoyennete pour les descendants de migrants. Petrozziello a egalement fait connaitre le modele de recherche pour l'action afin que d'autres organisations puissent relier la production de connaissances aux actions de plaidoyer, comme le fait OBMICA. Toutes deux ont aussi participe a une table ronde organisee par le Reseau europeen sur l'apatridie, centree sur l'application de la theorie feministe de l'intersectionnalite a la problematique de l'apatridie. Les resultats de cette discussion ont ete repris tant dans la session pleniere organisee par la Campagne mondiale pour l'egalite de genre dans les droits a la nationalite que dans la pleniere de cloture.

Des personnalites importantes telles que Carol Batchelor, conseillere speciale sur l'apatridie du HCR, et Benyam Dawit Mezmur, membre du Comite des Nations Unies sur les droits de l'enfant, ont souligne l'importance de l'approche intersectionnelle, etant donne que de multiples formes de discrimination engendrent le risque d'apatridie et creent des differences dans l'experience de vie des personnes affectees. La rencontre a egalement suscite des reflexions sur la relation entre l'eradication de l'apatridie et la realisation des Objectifs de developpement durable (ODD).
Plus precisement, l'ODD 16.9 indique : "D'ici a 2030, garantir a tous une identite juridique, notamment grace a l'enregistrement des naissances". La conference s'est interrogee sur le fait de savoir si cet objectif devait etre interprete comme une opportunite ou une menace, car avec l'introduction de nouvelles technologies rien ne garantit que l'on ne continuera pas a exclure les memes personnes que l'Etat n'a pas la volonte politique de reconnaitre comme citoyens. Dans ce sens, les panelistes ont recommande que la promotion de l'inclusion et de la non-discrimination fasse partie integrante du renforcement des systemes d'etat civil et de statistiques vitales (CRVS). Cela afin que les initiatives visant a atteindre l'ODD 16.9 ne compromettent pas l'objectif central des ODD, a savoir ameliorer la vie de tout le monde sans laisser personne de cote.
"Il y a beaucoup de personnes touchees qui ont a peine reussi a se forger une vie comme travailleurs, professionnels, entrepreneurs, artistes et responsables politiques. De Karl Marx a Albert Einstein en passant par le top modele Iman, il existe des milliers d'histoires inspirantes de personnes qui ont tout perdu avant de devenir ensuite des figures eminentes. Notre objectif est de creer un cadre qui permette que cela se produise, de les autonomiser, de faciliter l'acces a leurs droits, de leur rendre leur dignite et de leur offrir un espace pour qu'elles puissent se frayer un chemin dans ce monde. Dans certains contextes, cela peut sembler impossible. Mais aucune situation n'est statique. La question n'est pas de savoir si les gens seront libres ; c'est seulement une question de comment et quand. Notre travail consiste a accelerer le comment et le quand."
- Radhika Coomaraswamy, conferenciere magistrale, ancienne Sous-Secretaire generale des Nations Unies

