Comment les journaux dominicains racontent-ils la migration ?
10 avril 2019.- Ce mois de mars, OBMICA et l'Universite du Connecticut (UCONN) ont presente, dans les locaux de la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), les resultats de leur etude conjointe sur la qualite de la couverture mediatique que la presse dominicaine accorde a la question migratoire.

10 avril 2019.- OBMICA et l'Universite du Connecticut (UCONN) ont presente ce mois de mars, dans les locaux de la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), les resultats de leur etude conjointe sur la qualite de la couverture mediatique que la presse dominicaine accorde a la question migratoire.
Il s'agit d'un processus qui a commence exactement un an plus tot, en mars 2018, avec une formation de jeunes journalistes locaux interesses a connaitre la methodologie utilisee pour realiser cette etude quantitative, cette fois en analysant les couvertures de Listin Diario, El Caribe et Diario HOY entre 2014 et 2015.
Du cote de l'UCONN, les professeurs Thomas Craemer et Samuel Martinez avaient deja developpe un processus similaire en 2010, mais en portant leur regard sur les representations des Haitiens dans les medias des Etats-Unis apres les tristes evenements de janvier 2010.
La presentation de l'etude "Representations des immigrants dans les journaux dominicains" a egalement compte sur la presence de la directrice d'OBMICA, Bridget Wooding, pour qui ce type d'initiative enrichit la connaissance des imaginaires que l'on se fait des flux migratoires vers le pays, de l'origine des visions deformees et, surtout, de la facon de les corriger depuis les medias. C'est pourquoi elle a salue la presence des invites a la presentation : directeurs d'ecoles de communication de certaines des principales universites dominicaines, journalistes, chercheurs sociaux et personnes interessees par la question migratoire.
Resultats
Samuel Martinez a passe en revue la methodologie, qui examine chaque article en le confrontant a des references a des stereotypes raciaux, avec un accent sur les stereotypes anti-immigres courants et plus particulierement sur les stereotypes anti-haitiens.
En somme, selon Martinez, l'etude conclut qu'il existe une forte predominance de stereotypes qui associent la migration haitienne au crime et a la violence dans le pays. De la, on peut affirmer que la presse nationale est effectivement anti-haitienne, sur la base de ces stereotypes et de la frequence de leur apparition dans les recits mediatique d'information.
Cependant, toujours selon les resultats de cette etude, aucun recit ne predomine numeriquement au point de stimuler ou de contribuer aux peurs autour de la version tristement frequente de plans de fusion des deux pays de l'ile.
Apres la presentation, un debat passionnant a eu lieu, au cours duquel les personnes presentes, au-dela de feliciter l'initiative d'OBMICA et de l'UCONN, ont meme encourage a repeter l'experience, en essayant de la concentrer sur les annees electorales en Republique dominicaine.
