Face aux morts en prison migratoire a Ciudad Juarez, Mexique : prise de position du 29 mars
L'OBMICA est membre du Groupe de travail CLACSO Migrations et frontieres Sud-Sud et souscrit a la prise de position ci-dessous du Groupe, publiee le 29 mars. Le Groupe de travail regroupe 78 centres de la region travaillant sur les questions migratoires et frontieres. En memoire des victimes et des personnes touchees par l'incendie (credit WOLA) : 'Dans la nuit du lundi 27 mars, nous avons appris par les medias...'

"Dans la nuit du lundi 27 mars, nous avons appris par les medias mexicains et les reseaux socionumeriques la nouvelle d'un crime d'Etat. Des dizaines de personnes migrantes de diverses origines et provenances, toutes des hommes, sont mortes a la suite d'un incendie dans l'une des 'estancias migratorias' de l'Institut national de la migration (INM) du Mexique, situee a Ciudad Juarez, a quelques metres du Rio Bravo, a la frontiere avec les Etats-Unis. De nombreux autres migrants ont ete blesses.
Les premieres reactions officielles - des medias hegemoniques, de l'Etat, y compris du president mexicain lui-meme - ont tourne autour de la revictimisation, cherchant a faire des migrants les responsables de leur propre mort au motif qu'ils auraient declenche une mutinerie, un acte de protestation contre l'enfermement et le manque d'eau potable.
Nous qui avons ete sur le terrain et qui suivons les migrants, les organisations de la societe civile, les activistes et les defenseures, savons que les locaux de l'INM a travers tout le Mexique ne sont ni des 'sejours' ni des 'stations migratoires', et encore moins des 'abris' ou des 'refuges'. Ce sont des espaces de privation de liberte. Ce qui n'etait pas si clair auparavant et qui est maintenant evident, c'est que les moyens de dissuasion migratoire impliquent la torture, la pedagogie de la cruaute et le meurtre d'Etat. En effet, ces lieux d'enfermement sont 'tortionnaires', comme le revelent depuis plusieurs annees les defenseures dans ce pays.
L'INM est un appareil d'Etat coordonne par un ancien geolier. Depuis sa prise de fonctions au debut de 2019, il s'est employe a faire du territoire mexicain une immense frontiere militarisee. C'est pourquoi nous nous joignons aux collectifs et organisations qui exigent la destitution immediate du commissaire de l'INM, Francisco Garduno Yanez.
Depuis le Groupe de travail CLACSO Migrations et frontieres Sud-Sud, nous nous joignons aux organisations qui ont insiste sur le recours a des alternatives a la detention migratoire au Mexique, et nous exigeons la fermeture definitive des centres de detention pour migrants et refugies au Mexique. Nous nous sommes rapproches des camarades defenseures et, avec elles, nous exigeons des autorites mexicaines qu'elles fassent preuve d'ouverture et qu'elles n'entravent pas le travail des organisations qui realisent le suivi et la documentation, ainsi que celles qui fournissent une assistance directe aux familles touchees, des deux cotes de la frontiere."
Ce texte exprime la position du Groupe de travail susmentionne et non necessairement celle des centres et institutions qui composent le reseau international de la CLACSO, de son Comite directeur ou de son Secretariat executif.
